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Etapes de croissance urbaine

 

 Berriane, 19 ème Siècle


Berriane, 20 ème Siècle



Berriane, 21 ème Siècle

Prologue:

Comme il est bien fondé que la langue qui n’évolue pas, est frappée de disparition, l’urbanisation, quant à elle, doit obéir aussi à un caractère diachronique. A l’égard de la langue, l’architecture et l’urbanisme sont hérités de l’histoire, comme ils sont la pièce maîtresse du patrimoine culturel et la mémoire collective d’une société humaine déterminée. Une situation urbaine-architecturale synchronique est le produit des attitudes, des comportements communautaires et des idées propres à une société localisée historiquement et géographiquement.
L’ensemble urbain « k'sar* » forme un patrimoine qui, en étant une source d’exploration et d’enseignement inestimable, retient depuis plus d'un siècle l’attention et l’admiration des chercheurs.

Ce disant, c’est l’âge qui confère à la ville son propre statut. Donc, une ville tire sa joie grâce à ses monuments historiques et archéologiques, son urbanisme et son passé. Donc les espaces matérialisés sont source d’identité et d’inspiration. Cela ne veut nulle part dire que le passé est un modèle à reproduire dans son intégralité, mais plutôt l’ancien et le nouveau doivent être utilisés pour symboliser une société dynamique.

L’architecture locale s’inscrit dans le cadre architectural global du M’Zab qui est classée au patrimoine mondial, et renommée pour ses spécificités en raison qu’elle fait partie d’une société définie. Elle est, de ce fait, caractérisée par une structure organisée, cohérente, harmonieuse aussi bien qu’ordonnée.

La genèse et la croissance d'agherm de Berriane relèvent d’un ensemble de facteurs compliqués, complexes et subtils, entre autres les facteurs social, politique, idéologique, sécuritaire, culturel et économique.  

Le choix du site d’implantation du k'sar obéit lui-même à des priorités, puisque les données sociales, religieuses et historiques ne favorisent que l’idée d’un isolement recherché et d’un repli sécuritaire et ce, dans le contexte d’une vie rurale oasienne opposant l’intérieur sécurisant et connu de l’extérieur hostile et inconnu. Par conséquent, la société oasienne de Berriane était contrainte de subvenir à ses besoins substantiels vitaux que de ses jardins-palmeraies créés de toutes pièces dans le désert. De là, il y a à confirmer que ni la situation géographique-climatique, ni le site, ne sont exploités pour que le k'sar puisse se déboucher sur un quelconque essor.

En effet, l’histoire de peuplement de la région est très ancienne. Les recherches les plus récentes ont tendance à renouveler le regard que l’on porte sur l’histoire de la région du M’Zab de façon générale en allant rompre avec une littérature et certaines idées qui ne tiennent pas de vérités historiques et ce, à partir de données scientifiques (anthropologie, archéologie, sociologie, ethnologie, linguistique…).

De là, une vérité historique mérite d’être évoquée. La naissance de l’agherm ne signifie pas que la localité de Berriane n’avait pas été déjà occupée antérieurement. Donc, l’urbanisation signifie le passage d’un mode de vie semi-nomade au mode de vie citadin, ce qui veut dire que la société avait délibérément et suivant ses nouveaux intérêts, opté pour un mode d’occupation des sols basé sur d’autres concepts.

Les étapes de croissance urbaine de Berriane peuvent se classer en cinq étapes :

1) LE NOYAU EMBROYONNAIRE AVANT 1679:

-  Une mosquée entourée d’un ensemble d'habitations selon l'axe nord-sud. Ces habitations ont été dans un premier temps partagées par toutes les familles fondatrices.-  Un petit cimetière au coté ouest de la cité.

-  Un marché à caractère commercial limité, situé au nord.

-  L’apparition de la palmeraie dite Kerrouch à l’Est du k'sar.


2) LA PERIODE 1679-1760:

C’était pendant cette période que commençaient à affluer d’autres groupes amazighs, ce qui avait engendré l’accroissement du nombre de citadins déjà y établis. Cet évènement a suscité :

-  Le déplacement et le transfert de la première mosquée vers la mosquée actuelle de Barboura et ce, vers le Nord.

-  L’agrandissement considérable de la surface de la palmeraie du coté Est.

-  L’apparition de puits à certains endroits, tels le puits de la mosquée et le puits de zitani.

-  Le déplacement du marché vers la partie Ouest du k'sar (le souk actuel).

-  La 1ère  muraille fût construite avec deux (02) tours, coté de la façade ouest.


3) 2EME  ETAPE 1760-1873:

D’après ce qui est révélé dans le livre « Exploration du M’zab », publié en 1872 :

«Le nombre de la population est de 1.300 habitants parmi 27.200 habitants dans la vallée du M’zab. Le nombre de maisons est de 300, et le nombre de palmiers est de 21000 ».

Dans cette période, Berriane s’était sensiblement développée. Il y à citer :

-  Le développement de l’investissement agricole dans toutes les palmeraies existantes de nos jours.

-  La réalisation de la mosquée sidi smahi.

-  L’apparition du cimetière sidi smahi (ibadhite et malékite).

-  L’érection de la muraille périphérique encerclant entièrement le ksar avec des tours de guet.

 

4) 3EME  ETAPE 1872-1940:


-  L’apparition de l’actuel marché traditionnel avec la construction des arcades dont le célèbre grand Arc d’accès Est.

-  La construction de l’école coranique « El-Fath » en partant de 06 salles.

-  L’extension du Ksar en créant les quartiers kef boukraa et el-khalef.

-  Une grande surface (6 Ha, environ) fût réservée au cimetière actuel des ibadhites.

 



Berriane, 19 ème Siècle

 
5) ETAPE POST-INDEPENDANTE 1940-2004:


Pendant cette période et notamment après l’indépendance du pays en 1962, la ville de berriane a connu une urbanisation effrénée et ce, en raison de la disponibilité en moyens de transport et d’énergie (électricité, adduction des eaux potables, téléphone, gaz…).

A) A l’intérieur du ksar, il y a eu la réalisation d’un ensemble important d’équipements dont :

-  La mosquée El-Kibla (0,30 Ha, environ).

-  La mosquée El-Boukhari (1956, environ 0,15 Ha).

-  La nouvelle école El-Fath.

-  L’école des filles.

-  Les maisons de fraction pour la quasi-totalité des ensembles familiaux.

-  Maison de fêtes et de mariage collectif.

-  La bibliothèque de feu Mohamed ali Dabouz.

B) A l’extérieur du ksar, un ensemble de  lotissements  et de quartiers ont été créés :

    Au nord : les lotissements Ballouh 1,2 et 3.

    A l’est :
le Lotissement Gare Tlekht, puis les lotissements Cheikh Amer 1, 2 et 3.

    A l’ouest : les lotissements Kef Hammouda.

    Au sud : les lotissements Madagh.

 
Berriane, 20 ème Siècle


Berriane, 21 ème Siècle

Remarque:

ce classement reste une hypothèse personnelle de l'auteur est le résultat   de   plusieurs recherches et rencontres avec des sages et des personnes âgées de la ville de Berriane.

* agherm: mot berbère version mozabite qui veut dire le noyau historique de la ville

 
© 2006 Iciberrian
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